[Chroniques BD #19] Sortilèges

[Chroniques BD #19] Sortilèges

Un conte de Jean Dufaux et José Luis Munuera aux éditions Dargaud.

 Résumé / De quoi ça parle ?

L’histoire débute alors que Blanche d’Entremonde se voit annoncer qu’elle devient reine suite au décès brutal de son père. Elle passe ainsi devant son frère, Ogier le bossu, pourtant soutenu par sa propre mère.

La jeune femme prend donc place sur le trône laissé vaquant et doit se préparer à la guerre qui fait rage aux frontières du royaume. En effet, l’ennemi est aux portes et veut profiter de la mort du roi pour occuper Entremonde.

Sortileges Gaspard et Miranda

Cependant le règne de Blanche paraît mal engagé car elle ignore plusieurs choses. L’une d’elle étant que feu le roi, son père, a été assassiné par des traîtres au sein même de sa famille. Une autre étant que son amour de jeunesse, sacrifié par devoir, a fait jeter une malédiction sur elle, la vouant aux enfers.

Mais cette malédiction qui pèse sur elle pourrait cependant s’avérer plus utile que néfaste. Surtout quand le roi des Enfers, Maldoror, chargé de l’appliquer, va succomber aux charmes de la demoiselle…

Mon avis

Un beau conte, flirtant avec le dessin-animé pour le dessin et subtilement gothique dans son thème. Car tout commence par la fin des illusions ( l’amour de jeunesse qu’il faut abandonner pour le devoir d’une reine ) et un passage forcé au monde adulte pour la jeune Blanche. Celle-ci ne sourit d’ailleurs jamais, au contraire du prince des Enfers, en villégiature dans le monde « d’en haut », qui va s’éprendre d’elle et de son caractère triste mais déterminé. Le scénario que nous propose Jean Dufaux est donc digne des tragédies antiques avec son lot de mort, d’amour, de passion et de vengeance. Il n’est pourtant pas dénué d’humour et on referme ce premier cycle de « Sortilèges » en proie à une douce mélancolie.

Sortileges Blanche Maldoror

Coté dessins, la quatrième de couverture ose la comparaison avec Disney ( ce qui n’est pas forcément vendeur de mon point de vue) et s’il faut bien reconnaître un petit coté « cartoon » au dessins de José Luis Munuera ( visages allongés, grands aplats de couleurs vives, etc), cela ne dénote pas mais accentue au contraire la dimension  fantastique du conte tout en gommant quelque peu la violence de l’univers d’Entremonde. Et certaines planches intégrales sont de toute beauté.

Au final, un premier diptyque intéressant pour qui aime les passions antagonistes, les scénarios torturés ou s’entrecroisent l’amour, le pouvoir,  le devoir et le désir de revanche. Les autres seront peut-être repoussés par le coté trop « théâtral » qui émane de la BD ( et donc de  son manque d’action) ou par la relative tiédeur qui englobe ce premier cycle, même si on peut penser que le meilleur est à venir.

Bonne lecture!

( la fiche bdstock du premier tome et du second)

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