[Chroniques BD #16] Elric

[Chroniques BD #16] Elric

Une adaptation du personnage culte de Michael Moorcock aux éditions Glénat.

Une nouvelle adaptation puisque Elric a déjà été adapté par Druillet ainsi qu’au format comics pas de nombreux auteurs américains. Mais, selon son propre créateur, nous aurions aujourd’hui entre les mains ni plus ni moins que « la meilleur adaptation à ce jour » des aventures du prince albinos!

Voyons voir ça.

Elric - Le trône de Rubis

De quoi ça parle?

Ceux qui sont familiers du cycle d’Elric peuvent sauter à la conclusion tant le scénario remanié par Julien Blondel est proche de la trame de Moorcock. Ce dernier, dans le préface de l’album, parle même d’une version « améliorée » de son univers – et je laisse les connaisseurs juger de la véracité de cette affirmation.Le trône de Rubis - Cymoril

Les autres apprendront que cette histoire commence en des temps immémoriaux. Melnibonée, aussi appelée « l’île aux dragons » est alors un empire qui domine le monde connu depuis 10000 ans. Mais lorsque Elric prend le pouvoir les dimensions de son royaume se limitent à l’île elle-même, qui est alors en guerre contre les jeunes Royaumes.

Les menilbonéens ne sont pas uniquement haïs pour leur puissance, ils le sont avant tout pour leur goût du sang. Adorant les seigneurs du chaos, le niveau de décadence de leur société révèle une esthétique rare dans la cruauté. Nombre d’esclaves humains meurent donc pour le bon plaisir des habitants d’ Imrryr, « la Cité qui rêve », et capitale de Melnibonée.

Parmi les protagonistes de cette tragédie, il y a Elric bien sûr, l’ albinos à la faible  constitution. Vient ensuite Cymoril – son épouse et soeur –  qui lui prodigue les soins nécessaires ( il a besoin de sang pour survivre mais ce n’est pas un vampire pour autant, même si la malédiction paraît la même). Enfin il y a Yyrkoon, le frère, assoiffé de pouvoir. Il complote avec les jeunes Royaumes pour éliminer Elric et prendre sa place, et sa femme, sur le trône de Rubis.

Une adaptation réussie.

Le décor est en place, les acteurs sont présentés, la fin du monde peut commencer!

Car « Elric » nous convie à la fin d’un empire, Menilbonée, détruite par celui-là même qui le gouvernait.  De ses cendres il ne restera qu’un prince déchu et son épée buveuse de sang, la fameuse « Stormbringer« . Mais c’est un peu tôt pour en parler car ce premier tome s’attache surtout à retracer l’historique d’Elric, à nous le présenter, faible mais majestueux, romantique et cruel, il nous apparaît à la fois pathétique par sa dépendance et d’un pouvoir sans commune mesure. Car il est le souverain de Menilbonée et parce qu’il à l’attention des seigneurs du Chaos, seigneurs qui se joueront de lui plus d’une fois.

Elric - Avant l'assaut

Elric est un (anti-) héros contemporain. On l’aime ou on le déteste mais il y a peu de chances qu’il laisse quiconque indifférent. Crée par Michael Moorcock à une époque où la référence s’appelait « Le seigneur des anneaux » d’un certain J.R.R Tolkien, son auteur n’a eu de cesse de renverser les codes de la fantasy habituels. Moorcock  qui voyait Lotr comme un « Winnie l’ourson à la sauce chevaleresque », s’est attaché à crée un personnage « humain », c’est à dire faible, malade et n’ayant aucune maîtrise de sa destinée. Il en a retiré un succès international dans le cercle fermé des amateurs de fantastique. Dommage que le tragique de l’histoire et son anticonformisme n’aient empêché, jusqu’ici, une adaptation au cinéma..

Étant donné que le maître a donné son approbation au scénario de Julien Blondel, il ne nous reste plus qu’à juger des illustrations. Réalisées à 3 mains par Didier Poli (pour les crayonnés), Robin Recht ( l’encrage) et Jean Bastide (les couleurs), on pouvait s’attendre à un résultat plutôt réussi, on tapera en vérité dans le domaine du grandiose. Les 3 dessinateurs se sont avérés parfaitement complémentaires, ce qui n’était pas évident de prime abord. Il suffit de regarder un des crayonnés originaux puis le résultat encré et colorisé pour se rendre compte que chacun y a été de sa touche personnelle.

Elric-dessin_encrage_colorisation

Ajoutons des décors dantesques qui retranscrivent avec luxe détails la puissance et la dépravation des Menibonéens, des scènes d’orgies dignes d’une fin de civilisation,  des combats marins spectaculaires et l’on obtient un très bel objet. Seul bémol, la quantité de détails sur chaque planche est telle que cela fige l’image et amenuise le dynamisme des scènes d’action. Mais bon, on a les défauts de ses qualités..

Bref, un excellent premier tome qui allie une histoire passionnante ( c’est le fan de Moorcoock qui parle )  et des illustrations qui donnent une réelle consistance à l’univers d’Elric – ce qui n’est pas chose aisée. A savoir que le tome 1 ne reprend qu’une partie du premier livre du cycle d’Elric, ce qui laisse une grosse marge de progression pour la série.

Bonne lecture!

Previews et fiche BdStock

Le Facebook d’Elric

 

Chroniques BD News

D'autres Chroniques BD à découvrir..

  • Sortilèges par Dufaux et Munuera
  • Fatale de Ed Brubaker et Sean Phillips

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam *