[Chroniques BD #11] Bad Ass

[Chroniques BD #11] Bad Ass

Bad Ass a été commis par Bruno Bessadi, Gaétan Georges et Herik Hanna.

De quoi ça parle?

Dead End est un super vilain. Son territoire: Roman City, grand ville imaginaire des Etats-Unis. Son objectif: se faire un maximum de fric avant de disparaître sur une île paradisiaque. Ce qui l’en empêche (mais pas pour longtemps) : Black Snake et Amadeus Kitty ( parodies de BatMan et Catwoman), les super-héros du cru.

Bad Ass Dead EndSous le masque de Dead End, il y a Jack Parks, un ancien looser boutonneux, maltraité par la vie et dans son ancien lycée. Laissé pour mort lors d’une altercation avec d’autres étudiants, il va revenir « transformé » et doté d’un nouveau pouvoir.

Est-ce que passer de l’état d’éternel perdant au physique ingrat à celui de beau gosse aux talents surnaturels l’aura amené à repenser sa vision de la vie? Que nenni! Plus arrogant que jamais il est bien décidé à se venger de tous ceux qui l’ont malmené.

Et alors ?

… alors ce premier volume de Bad Ass laisse un sentiment mitigé.

En effet, nous suivons la vie d’un anti-héros, doté d’un non pouvoir (on y reviendra) dans un non-comics où tout est prétexte à une parodie du grand frère américain. Le héros est agaçant, sans morale et d’un humour discutable. En face de lui, des super-héros pathétiques par la quantité de clichés (c’est voulu) qu’ils véhiculent. Ne parlons pas des super-méchants, ils sont là pour la figuration.

Bref, pas un pour remonter le niveau! Quant à la trame scénaristique, elle consiste principalement – dans ce premier tome – à présenter le personnage principal et à montrer comment un gamin mal dans sa peau et particulièrement con irrespectueux est devenu, suite à une tentative de meurtre, un criminel de première doté d’un pouvoir exceptionnel!

Bad Ass Bessadi Hanna

Voilà une BD qui ne va donc pas plaire à tout le monde. Le processus d’identification au personnage principal étant souvent primordial dans une bonne histoire, on se rend bien compte que l’auteur ( Herik Hanna ) prend un gros risque en commençant de cette manière. Mais c’est également ce qui ajoute du sel au récit. Le Bad Boy va t-il se dénicher une conscience dans les tomes à venir (peu probable)? Va t-il être confronté à la justice divine, la JLA, les Avengers (tout aussi improbable)? Mais si la farce paraît énorme, il est tout aussi évident que la parodie est bien encadrée et que le fond est très cohérent, ce qui laisse espérer pour la suite. De plus ce défaut – le choix de l’anti-héros absolu comme personnage principal – est, il faut le dire, complètement subjectif.

Au final, l’idée d’un comics à la française, si elle n’est pas nouvelle ( voir la chronique de « Masqué » ), devrait satisfaire les fans. Le dessin de Bruno Bessadi est tout à fait dans le ton et dans le style de son aîné outre-atlantique. Tandis que le propos de Herik Hanna  en défonce la plupart des codes, un peu à la manière d’un Kick Ass ( d’ailleurs je trouve une certaine ressemblance entre les deux, même si l’un des protagonistes a clairement mal tourné). L’humour grinçant et les multiples clins d’oeils aux superproductions actuelles agrémentent bien le tout même si, pour l’instant, on reste en attente d’un véritable développement de l’histoire.

Gageons que cela sera comblé par le prochain volume à paraître en septembre ( La série est prévue en 4 tomes).

Bonne lecture!

NB: J’ai oublié de parler du super-pouvoir de Dead End. C’est bien simple, quand on y pense c’est un pouvoir à la fois insignifiant et carrément jouissif puisque il a tout simplement (spoil) de son coté. Personne ne peut lutter contre ça .. et ça permet tous les délires aux auteurs. C’est bien trouvé.

( La fiche BdStock )

( La bande-annonce Delcourt )

 

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